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Lancements
Hélios : l'Europe ouvre les yeux
D'ici la fin de l'année, Ariane 5 devrait placer sur orbite le satellite militaire européen Hélios IIA, accompagné des microsatellites du démonstrateur ESSAIM, ainsi que du microsatellite Parasol. Un lancement aux enjeux importants, sinon primordiaux, tant pour les capacités militaires de la France et de l'Europe que pour les programmes scientifiques du Cnes.
L'évolution géopolitique depuis la désintégration de l'Union soviétique et la gestion des différentes crises des années 90 ont convaincu certains états-majors d'élargir le spectre des moyens spatiaux utilisés pour garantir leur souveraineté et la sécurité de l'Europe. Reconnu depuis une décennie comme une priorité pour l'anticipation et la gestion des crises, notamment depuis la guerre du Kosovo, et plus encore aujourd'hui avec la montée de la menace terroriste, le renseignement a vu ses moyens se renforcer. La capacité française d'observation spatiale optique repose sur le système Hélios I, entré en service en 1995 et intègre depuis 1999, un second satellite. Le lancement en décembre 2004, du premier satellite Hélios II marque la volonté de la France, et de l'Europe, de se doter de moyens encore plus performants pour répondre aux besoins croissants en matière d'imagerie spatiale et plus généralement de renseignement.

Le programme Hélios II, réalisé dans le cadre d'accords de coopération avec la Belgique et l'Espagne, repose sur l'utilisation de deux satellites militaires d'observation, Hélios IIA et Hélios IIB, et d'un segment sol décentralisé apportant l'image spatiale aux forces armées. Il vient compléter le système Hélios I développé précédemment par la France, l'Italie et l'Espagne. Ce programme doit permettre à la Défense française d'accéder à une capacité d'observation tout temps par échange de capacités avec les satellites radars italiens Cosmos-Skymed et les satellites radars allemands Sar Lupe. Outre le fait qu'il facilite le renseignement par les images qu'il fournit de jour comme de nuit (optique et infra rouge), Hélios II permettra également le ciblage, le guidage, la préparation de missions et la vérification des dommages de combats.
Placés sous la responsabilité de la Délégation générale pour l'armement (DGA), les satellites Hélios II doivent apporter, par rapport à leur prédécesseur Hélios I, une amélioration significative de la résolution, du nombre d'images réalisées et de la rapidité d'enchaînement des prises de vue, tout en réduisant le délai entre la demande et la mise à disposition du renseignement auprès d'un opérateur.
Pour ce faire, les satellites Hélios II disposent de deux instruments :
- un de type SPOT 5 pour la moyenne résolution / champ large dans le spectre visible et proche infrarouge,
- et un instrument très haute résolution (instrument HR), doté d'une capacité infrarouge.

Orbite des satellites
L'orbite d'un satellite d'observation présente des caractéristiques particulières. Celle d'Hélios est :
- héliosynchrone : le mouvement de la Terre autour du Soleil est compensé par une rotation du plan de l'orbite du satellite. Le satellite passe ainsi à la même heure locale à une latitude donnée.
- basse : l'altitude d'environ 700 km permet une meilleure résolution et 'un champ de prise de vue suffisamment large.
- quasi-polaire : l'inclinaison faible de l'orbite par rapport à l'axe des pôles permet de réaliser des prises de vue de n'importe quel point du globe.

Outre la maîtrise d'ouvrage déléguée de la composante spatiale du programme, le Cnes assure également le développement, puis l'exploitation du centre de mise et maintien à poste des satellites, situé au Centre spatial de Toulouse. Ce centre est chargé de la surveillance des satellites via le réseau de poursuite du Cnes, de l'élaboration et de la transmission des commandes à partir du programme de travail préparé par le Centre principal hélios, basé à Creil.

Autre passager, et non des moindres, de ce lancement de fin d'année, le microsatellite Parasol (Polarisation et Anisotropie des Réflectances au sommet de l'Atmosphère, couplées avec un Satellite d'Observation emportant un Lidar). Cette mission du Cnes doit permettre de caractériser les propriétés radiatives et microphysiques des nuages et des aérosols. Parasol est le deuxième satellite, après Demeter, de la nouvelle filière de microsatellites du Cnes, Myriades. Il évoluera en complémentarité avec plusieurs autres satellites : Aqua, Aura, Calipso, et Cloudsat, formant le "A-Train" (Cf. Latitude 5 n°65 de juillet 2004). Cet ensemble de satellites, évoluant en convoi, constitue au final un observatoire spatial unique en son genre destiné à mieux comprendre le climat et donc à en améliorer les prédictions.

Enfin, le 3ème passager de ce lancement aux multiples enjeux, sera le démonstrateur ESSAIM qui doit permettre d'établir la faisabilité de la détection d'émetteurs électromagnétiques depuis l'espace et d'en évaluer les performances. Le but est de préparer un futur programme spatial de renseignement d'origine électromagnétique (ROEM). Le démonstrateur ESSAIM, est composé de 4 microsatellites utilisant la plate-forme Myriade du Cnes. Son exploitation est prévue sur trois ans, et la mise en œuvre sera pilotée par le centre d'électronique de l'armement (CELAR), à Bruz, près de Rennes.

A noter, pour finir, que ce lancement présente une originalité supplémentaire : pour la première fois, le Centre Spatial de Toulouse fera la mise à poste de 6 satellites simultanément. Côté Evry, on observera avec attention le comportement du premier lancement d'une Ariane 5 G+ sur une orbite héliosynchrone.

Organisation
Responsable du programme et maître d'ouvrage : DGA
Architecte d'ensemble et maître d'ouvrage délégué de la composante spatiale : Cnes
Maître d'œuvre satellite, Plate-forme et instrument Champ Large : EADS-Astrium
Maître d'œuvre Instrument à haute résolution (IHR) : Alcatel Space Industries
Maître d'œuvre composante sol utilisateurs : Astrium France
Centre de mise et de maintien à poste : Cnes

Organisation
Maître d'ouvrage : DGA
Maître d'œuvre : EADS-Astrium
Responsable Charge utile ROEM et segment sol utilisateur : THALES Systèmes Aéroportés
Responsable segment sol de contrôle : Cnes

 
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Mise à jour le 24 octobre 2004