|
Il
est important de
rappeler que
la démarche
de certification
ISO 14001 n'est
pas obligatoire
mais volontaire.
Elle permet un état
des lieux très
détaillé
des sites ou activités
présentant
un [à]
risque pour l'environnement.
Une
fois cette analyse
faite, l'objectif
est de définir
un programme afin
d'identifier les
actions, les ressources
et les moyens nécessaires
pour réduire
voire éliminer
tous les impacts
environnementaux
significatifs.
Une
attention particulière
et rigoureuse est
évidemment
apportée
au transport, stockage
et remplissage des
matériaux
nécessaires
à la propulsion
des lanceurs et
des satellites.
Les transports sont
sécurisés
au maximum : planification,
information des
autorités
concernées,
camions adaptés,
chauffeurs qualifiés,
vitesse réglementée,
escorte de gendarmerie
et/ou du Service
Transport du Cnes.
Pour éviter
les risques sur
la route nationale,
les matières
dangereuses arrivent
au port de Pariacabo.
Le stockage est
également
sous haute sécurité.
Le stockage des
ergols,
[corps
chimiques servant
à la propulsion
de fusées],
se fait dans une
zone indépendante,
à accès
limité et
avec une zone de
sécurité
contrôlée.
Une surveillance
permanente est assurée
par des détecteurs
de fuites, pressions
et incendie et la
mise en place systématique
d'astreintes.
Les rejets des produits,
lors des remplissages
des satellites,
sont faibles, de
l'ordre de deux
à trois litres
par satellite. Ils
sont piégés
et neutralisés.
Pour réduire
encore l'impact
sur l'environnement,
un dispositif se
met en place progressivement.
D'ici deux à
trois ans, ces rejets
ne seront plus brûlés
mais éliminés
par traitement bactérien,
évitant ainsi
toute pollution.
Un autre dispositif
est en cours, comme
l'indique Jean-Pierre
Trinchero, chef
du service Sauvegarde
et Environnement
: "Le Cnes
développe
actuellement une
unité de
traitement des effluents
gazeux plus performante.
Ce procédé,
d'un meilleur rendement,
diminuera les rejets,
donc la pollution".
Lors
des décollages
d'Ariane 5, la combustion
des ergols du lanceur
(environ cinq cents
tonnes) se disperse
dans l'atmosphère.
Cette pollution
reste néanmoins
très ponctuelle
(à chaque
lancement) en regard
de celles engendrées
en continu par d'autres
secteurs comme ceux
de la circulation
routière
ou aérienne.
Le Cnes/CSG réalise
chaque année
des plans de mesure
destinés
à évaluer
l'impact des lancements
d'Ariane 5 sur l'environnement
et dont les objectifs
sont de :
> mesurer à
chaque lancement
les concentrations
en acide chlorhydrique,
peroxyde d'azote,
produits hydrazinés,
sur Kourou, Sinnamary,
le Centre Technique
et les sites d'observations
des lancements,
> mesurer en
champ proche (inférieur
à un kilomètre
de la zone de lancement)
et en champ lointain
(supérieur
à six kilomètres),
les teneurs en alumine,
acide chlorhydrique
ou en chlorure d'hydrogène,
> suivre la qualité
des eaux des carneaux
de la Zone de lancement,
> évaluer,
sur certains lancements,
l'impact sur l'avifaune,
[la
faune ailée],
sur la végétation
et l'évolution
de la qualité
chimique des eaux
de la crique Karouabo.
Au niveau des retombées
au sol, les concentrations
en alumine et acide
chlorhydrique (produits
de combustion des
étages d'accélération
à poudre)
sont conséquentes
(encore une fois
de manière
temporaire) sur
la zone de lancement,
dans un rayon inférieur
à un kilomètre.
Au-delà,
les valeurs des
retombées
sont très
faibles. Cela s'explique,
notamment, par la
chaleur du nuage
provoquée
par la combustion
des propergols et
par la vitesse d'élévation
du lanceur qui limitent
considérablement
les retombées
au sol.
Ces mesures sont
difficiles à
effectuer. En effet,
ce sont des quantités
infimes qui doivent
être détectées.
De plus, le climat
chaud et humide
de la Guyane n'est
pas favorable à
ces mesures. Enfin,
la latérite
recèle naturellement
une forte concentration
en alumine, et les
embruns marins,
de grandes quantités
de chlore.
Pour éviter
tout amalgame, le
CSG fait appel à
des experts extérieurs,
reconnus dans leurs
domaines de compétences,
pour réaliser
ces plans de mesure.
Des organismes tels
que l'Inra (Institut
National de la Recherche
Agronomique), l'IRD
(Institut de Recherche
pour le développement),
l'Ineris (Institut
National de l'Environnement
Industriel et des
Risques), Hydreco
pour la surveillance
de l'eau et de la
faune aquatique,
et Ecobios pour
l'avifaune interviennent
ainsi dans le dispositif.
Les résultats
de ces plans de
mesure sont publics
et consultables
sur demande au Service
Sauvegarde et Environnement
ou de toutes les
autres parties concernées
par la protection
de l'environnement
tel le SPPPI (Secrétariat
Permanent pour les
Préventions
des Pollutions Industrielles).
Jean-Pierre Trinchero
est confiant quant
à ces résultats.
Si certains restent
encore sceptiques
sur leur fiabilité,
et afin de mieux
informer et communiquer
à ce propos
: "Nous projetons
de vulgariser ces
données afin
qu'elles soient
plus compréhensibles
par tous, en interne
au CSG comme pour
le grand public."
De plus, des recherches
sont menées
sur la fabrication
de produits moins
polluants qui diminueraient
l'impact environnemental
et sur l'analyse
des impacts à
long terme sur l'atmosphère
et la stratosphère.
La
gestion des déchets,
quant à elle,
est gérée
depuis deux ans
par la société
Endel, elle-même
certifiée
ISO 14001. Ces déchets
concernent à
la fois les déchets
industriels spéciaux,
présentant
un risque pour l'homme
et l'environnement
(déchets
chimiques, huiles,
carburants, piles,
pneus,
) et
les déchets
encombrants (ferrailles
et autres). Ces
déchets sont
triés, stockés
et conditionnés
avant d'être
expédiés
vers différents
centres de traitement
en France hexagonale.
Des certificats
attestant de la
réalisation
effective du traitement
sont ensuite transmis
à la société
Endel.
Le
premier bilan de
l'enquête
pour la certification
ISO a démontré,
au grand étonnement
de tous, et du premier
concerné
Jean Pierre Trinchero,
que les efforts
demandés
concernent plus
le comportement
de chacun d'entre
nous, que l'activité
industrielle. En
effet, c'est l'ensemble
des économies
d'énergie
et des ressources
naturelles qui doit
être pris
en compte : éteindre
les lumières,
ordinateurs, imprimantes
lorsque ceux-ci
ne sont pas nécessaires,
diminuer la consommation
de papiers, accentuer
le réflexe
du recyclage des
piles, cartouches
d'encre, privilégier
la marche à
pied au véhicule
pour les petits
déplacements,
diminuer la vitesse,
réduire la
consommation de
la climatisation,
etc.
"En ce sens,
le projet de certification
ISO 14001 rapproche
l'entreprise et
la citoyenneté.
Elle nous fait adopter,
à l'une et
à l'autre,
un comportement
permettant de protéger
l'environnement
et ce à tous
les niveaux"
précise Jean-Pierre
Trinchero.
Prendre soin de
l'environnement
est donc l'affaire
de tous. Au niveau
de l'entreprise,
cette certification
doit permettre une
amélioration
de notre image,
elle est un argument,
parmi d'autres,
face à la
concurrence, et
surtout elle permet
de garantir l'avenir
de notre planète.
"Il ne sert
de rien à
l'homme de gagner
la Lune s'il vient
à perdre
la Terre."
François
Mauriac.
7004 signes
|