Inchallah, si Dieu le veut! Que ton souhait soit exaucé! Inchalla,
expression passe-partout quotidiennement utilisée par des millions de
personnes de par le monde arabo-musulman, et qui se répand un peu
partout dans le monde occidental grâce surtout au cinéma.
Dans son acception étymologique, Inchallah souligne la prééminence de la
volonté de Dieu par rapport à celle de l'homme. Elle implique que
l'homme n'est pas maître de son destin, que l'imprévu peut surgir "au
coin de la rue", qu'en toute chose, le dernier mot en revient à Dieu.
C'est là le fameux "fatalisme arabe" face à la vie, un fatalisme qui
traduirait la soumission à la volonté divine et qui favoriserait
l'inhibition devant l'action.
Au-delà de l'étymologie et de la dimension spirituelle, l'usage
quotidien en a fait une expression-réservoir pouvant accueillir toute
sorte de connotations. Lorsque l'on pose à un arabe la question:
"viendras-tu me voir demain?" et qu'en guise de réponse il nous lance
son laconique Inchalla, on est en droit de lui demander des précisions.
Inchallah, selon le contexte, pourrait signifier
l'affirmation comme la négation ou même le doute. Il est donc
impératif, pour en saisir la portée, de se reférer au contexte, à notre
connaissance du personnage et au ton sur lequel elle a été prononcée.
Même si, à l'origine, Inchallah était porteuse d'une certaine idée de la
volonté divine, l'usage contemporain l'a, en quelque sorte, "laïcisée".
N'est-elle pas utilisée quotidiennement par des gens qui n'ont jamais
cru à l'intervention divine dans la vie de l'homme?
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